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ExpertiseDirigeants & managers

Ce n’est pas la faute des bavards. C’est celle du système.

Quand les mêmes personnes occupent toujours l’espace de parole, le problème n’est pas d’abord leur tempérament. C’est l’absence de règles qui permet à une ressource de pouvoir décisive de se distribuer de manière inégale.

14 avril 20262 min de lecture
Ce n’est pas la faute des bavards. C’est celle du système.

Quand une réunion tourne mal, le réflexe est presque toujours le même: accuser les grandes gueules. Les décisions seraient mauvaises parce que certains parlent trop, trop fort, trop vite.

C’est un diagnostic commode. C’est aussi, la plupart du temps, un mauvais diagnostic.

Le faux coupable

Si quelques personnes capturent durablement l’espace de parole, cela ne dit pas seulement quelque chose d’elles. Cela dit surtout quelque chose de l’organisation qui les laisse le faire.

Le problème n’est pas d’abord un trait de personnalité. Le problème est l’absence de conditions de délibération suffisamment solides pour distribuer la parole de manière plus équilibrée.

La parole est une ressource de pouvoir

Dans un collectif, la parole n’est pas un simple flux de communication. C’est une ressource de pouvoir.

Si rien ne vient la réguler, elle se répartit mécaniquement de façon inégale au bénéfice de celles et ceux qui:

  • parlent vite, fort ou longtemps ;
  • maîtrisent déjà les codes du groupe ;
  • se sentent plus légitimes ;
  • sont devenus, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, plus incontournables que les autres.

Ce déséquilibre n’est pas une faute morale individuelle. C’est un vide organisationnel.

Ce qu’une réunion bien conçue change

Une organisation produit de mauvaises décisions quand elle ne garantit pas, au minimum:

  • un temps de parole réellement partageable ;
  • des règles d’intervention explicites ;
  • des formats qui permettent aux plus discrets d’exister sans devoir arracher leur place.

Améliorer la qualité des décisions ne passe donc pas par le contrôle des tempéraments. Cela passe par la conception des règles du jeu.

Tant que la parole reste une ressource non régulée, les mêmes profils pèseront davantage, non parce qu’ils ont toujours raison, mais parce qu’ils ont davantage d’occasions d’imposer leur cadre.

Dans vos réunions, la parole est-elle vraiment régulée, ou simplement occupée ?

L’article aide à poser le problème. Le test aide à voir quel hérotype prend réellement la main quand la pression, la contrainte et l’arbitrage deviennent concrets.